• NICOLAS CLAUDE NC-2 AQUILLON

    NICOLAS CLAUDE NC-2 AQUILON au 1/66

    Pour une fois, point de photos de maquette terminée en introduction, pour la bonne raison qu'elle n'est pas encore réalisée. La photo est issue du net ( site Aviafrance).

    L’idée me trotte dans la tête depuis quelque temps : partager la merveilleuse aventure que constitue la création d’un modèle.

    Certes ma méthode est artisanale. Elle est le fruit de huit année de cogitations (agréables et passionnantes), depuis la création du Pou du Ciel HM14  jusqu’au WIBAULT 283 T12, mon dernier modèle.

     Je passerai sous silence la centaine de maquettes en papier montées depuis une quinzaine d’années. Rien de tel pour progresser dans un domaine où j’avais tout à découvrir.

    Et puis, il faut le dire, j’ai bénéficié des conseils et de l’aide (toujours effective) ainsi que des encouragements de modélistes passionnés qui ont toujours répondu présents, lorsque je les ai sollicités.

     Il est temps pour moi de « renvoyer l’ascenseur » en espérant que cette aventure, que je vais vous faire partager, suscitera des vocations.

    Pour ce, j’ai chiosi le:

    NICOLAS CLAUDE NC2 AQUILON

    Vous connaissez mon attirance pour les avions français originaux. En feuilletant ma collection du « FANA DE L’AVIATION » je suis tombé sur l’histoire de cet appareil ( voir FANA d’avril 2011 n° 497). Un article bien documenté avec quelques photos intéressantes.

    Un petit tour sur le net me permit de retrouver les articles parus dans la presse spécialisée de l’époque sur le sujet (et cités dans le FANA) et puis…pas grand-chose d'autre.

    NICOLAS CLAUDE NC-2 AQUILON au 1/66

                                                                                                    Extrait de la revue LES AILES

    NICOLAS CLAUDE NC-2 AQUILON au 1/66

                                                                                   Extrait de la revue AVIATION MAGAZINE

     

    L’avion a-t-il fait ses preuves? Il aurait, en tout les cas, cumulé une trentaine d’heures de vol avant de sombrer dans l’oubli, si l’on en croit Jean PONSIGNON lors de sa Conférence de 2013 sur le thème «  L’épopée aéronautique en Bourgogne ».  

    L’article du FANA est parfaitement crédible, d’autant plus que les auteurs ont eu entre les mains une partie des plans originaux. Ceci a  permis de s’apercevoir que les plans trois vue,s illustrant les articles de la presse de l'époque, étaient faux.

    En résumé :une idée originale, un plan trois vues exploitable, quelques rares photos glanées sur le net en complément de celles de l’article, il n’en fallait pas plus pour que je m’intéresse à cet appareil original.

    Direction, donc, la planche à dessin (AUTOCAD en ce qui me concerne) et la reprise du plan trois vues du FANA.

     Le plan est scanné en JPEG avec une bonne définition (400dpi par exemple) en noir et blanc. 

    Un « copié /collé » dans AUTOCAD, et le tour est (presque) joué. Il convient de redessiner ce plan par-dessus la photo importée (trait de couleur rouge, par exemple, pour que cela ressorte sur les contours noirs de la photo).

    Une fois cette opération terminée, on supprime la photo et seul reste notre dessin pour lequel il faudra faire coïncider toutes les vues entre elles. C’est le travail le plus long. Pour le modèle en question il m’a fallu  pratiquement une dizaine d’heures. Il faut dire que je m’attache à ce que ce plan trois vues (ou plus) soit le plus complet possible (emplacement des nervures s’il y a lieu, immatriculations etc.)

    Ce plan trois vues (ou plus si nécessaire) est mis à l’échelle finale de la maquette (1/66 dans le cas présent). Cela va me faciliter la vie pour les étapes suivantes.

    Comme j’ai pris l’habitude d’illustrer mes liasses de planches d’un plan trois vues en couleur, le travail est pratiquement terminé.

     

     NICOLAS CLAUDE NC-2 AQUILON au 1/66

                                  Le plan avec les vues coïncidant parfaitement entre elles. Incontournable pour la suite des opérations

     

    Pour la mise en couleur, j’utilise PHOTOSHOP (mais d’autres logiciels de retouche photo sont accessibles gratuitement sur le net ,  comme PAINTSHOP ou THE GIMP, pour ne citer que ces deux là).

    Mais nous y reviendrons plus tard.

    L’étape suivante est de dupliquer ce plan (toujours dans AUTOCAD). Petite parenthèse : je travaille dans AUTOCAD comme je le fis, jadis, lorsque je travaillais en bureau d’étude sur une planche à dessin. Nostalgie?

    Je sais qu’ AUTOCAD permet de travailler avec des fonctionnalités élaborées comme les calques, mais je m’en passe très bien....pour le cas qui nous concerne.Donc du dessin classique, comme au bon vieux temps.

    La duplication se fait sur la même feuille, Je me trouve donc avec deux plans trois vues cote à cote.

    Maintenant nous allons aborder l’une de mes étapes préférées : la conception de la maquette proprement dite. Une autre étape, tout aussi passionnante, seran la mise en couleur des planches.

    Comme vous l'avez constaté, le papier est une matière formidable, mais qui n’a qu’un seul défaut, celui de rendre très difficile à matérialiser les formes non développables.

    Il va donc falloir reprendre notre plan (le deuxième) en tenant compte de cet impératif. Traduire en formes développables celles qui ne le sont pas, en respectant au mieux les lignes de notre sujet.

    Pour nous aider nous ferons appel à la géométrie descriptive et (ou) a des logiciels comme SIATKI (gratuit pour le développement de formes simples). L’exportation au format DXF (AUTOCAD) est gratuite pour les formes basiques, mais verrouillée pour des formes plus évoluées. Il y a toujours moyen de faire une copie d’écran dans WORD, de l’imprimer puis de la scanner et l’enregistrer en JPEG avant de l’exporter. Un ajustement dimensionnel terminera l’opération. Pour ma part, vu le coût de ce logiciel, je l’ai acquis. Le gain en précision est quand même sensible.

     Pour le plastron moteur, je n’ai qu’une solution rationnelle à proposer. Dessin 3D dans  METASEQUOIA et développement avec PEPAKURA.

    METASEQUOIA est un logiciel de dessin 3D gratuit dans sa version de base, suffisante pour nos besoins. PEPAKURA est un logiciel qui permettra la mise à plat de votre conception 3D. Petit bémol, il vous faudra débourser 38 USD pour acquérir les droits d'utilisation et pouvoir, ainsi, exporter ou imprimer votre développement.

    Vous avez aussi la possibilité de passer par une copie d’écran, scaner etc  C’est lourd et moins précis. Vu le prix….. Ces deux logiciels sont suffisants, mais il va falloir apprendre à les utiliser. Rassurez vous, rien de bien compliqué si l’on se limite à nos besoins et les tutos proposés dans l’aide de METASEQUOIA et quelques autres que vous pouvez trouver sur le net devraient vous permettre d’acquérir rapidement une certaine aisance.

    Vous pouvez aussi aller sur « le site en papier ». Il y a quelques années, le dessin 3D dans METASEQUOIA avait l’objet de posts forts intéressants de la part de concepteurs adèptes de ce logiciel.

    Mais revenons à la conception de notre modèle dans AUTOCAD. Chacun à ses méthodes. Je ne saurais que trop recommander d’étudier les planches existantes à une échelle proche de celle que vous avez retenue. Dessin directement à l'échelle finale, comme précisé plus haut

    Pour ma part, je donne à mes modèles une ossature que l’on habillera ensuite d’une peau (le revêtement). J’ai horreur des assemblages ou le fait d’obtenir une forme géométriquement propre  laisse la part belle au hasard. A cette échelle, le moindre défaut de forme ou d’alignement se voit et il est impossible de le rattraper (pour mémoire, le papier n’est pas élastique). Dommage, mais il faut faire avec.

    On va donc travailler le plan en adaptant les formes. Nous prêterons une attention particulière au fuselage, plus particulièrement au revêtement supérieur en arrière du poste de pilotage. Le plastron moteur sera aussi à simplifier.

    NICOLAS CLAUDE NC-2 AQUILON au 1/66

     NICOLAS CLAUDE NC-2 AQUILON au 1/66

                                                                       Le plastron après traitement dans METASEQUOIA et PEPAKURA

    On déterminera la forme des couples à des endroits spécifiques : jonction du plastron/capot, en avant et en arrière du poste de pilotage etc. Parfois les dessins des couples principaux sont fournis avec le plan 3 vues, ce qui simplifie grandement le travail. De même pour les profils d’ailes. A défaut, il faut interpréter le plan, au mieux.

    Je dessine donc tous les éléments du « squelette » et détermine leur position les uns par rapport aux autres. Je tiens compte, lors de leur dessin, de l’épaisseur du renfort choisi ainsi que de celle du papier.

    A titre indicatif, pour les renforts j’utilise du carton de 0 ,5 ou 1mm d’épaisseur. Pour le papier ce sera 8/10 pour du 80g et 16/10 pour du 160g. 

    NICOLAS CLAUDE NC-2 AQUILON au 1/66

                                                                                 Vue de ma "planche à dessin" à ce moment là.

     Je réalise des montages beta et des photos au fur et à mesure de l’avancement du dessin pour le valider (ou le modifier). J’en profite pour noter sur le plan tout ce qui pourra faciliter le montage ultérieur.

    Je ne monte pas intégralement le modèle en version beta. Par exemple, si le montage d’une demi-aile  me donne satisfaction, je laisse tomber l’aile qui lui est symétrique. De même que les petits éléments comme les roues ou les hélices.

    NICOLAS CLAUDE NC-2 AQUILON au 1/66

                                                        Inutile de préciser que la mise au point de la version bêta prend un certain temps !

     Arrive le moment où il va falloir mettre de l’ordre dans tout cela en préparant les planches qui seront diffusées.

    J’en réalise donc les maquettes, toujours à l’aide de mon logiciel de dessin. Il ne faut rien oublier : repérage de toutes les pièces et informations relatives au montage. Quant à la présentation, ce n’est qu’une affaire de goût. Ce sera, en quelque sorte, votre signature.

    NICOLAS CLAUDE NC-2 AQUILON au 1/66

                                                          En haut de ma "planche à dessin" les deux planches en cours d'élaboration

     Vient maintenant le temps de la préparation de tout ça pour la mise en couleur.

    Mais à propos, quelles couleurs allons nous donner à notre maquette ?

    Aucune indication à ce sujet, et pas la moindre photo couleur pour nous guider. E. Fillon, aéromodéliste bien connu qui en avait diffusé les plans au format « cacahuète » (maquette à moteur caoutchouc d’une trentaine de centimètres d’envergure), suggérait le bleu. Il est vrai que le bleu dit « France » était à la mode à cette époque avec le succès des avions de course Caudron. J’ai quand même des doutes, ou alors le bleu devait ètre très très clair.

    Sur les photos en noir et blanc, on distingue trois nuances de gris. Le plus clair pour le revètement, un peu plus foncé pour les immatriculations et franchement foncé pour le train.

    J’ai donc opté pour une couleur jaune tirant sur le beige, des immatriculations rouges et le train noir. Un peu comme les Stampe de St Yan dans les années cinquante !

    Et puis si quelqu’un me donne les bonnes couleurs, juré,craché, je modifierai mes planches en conséquence !

    C’est le moment de vous exposer MA méthode.

    Pour la mise en couleur de mes premiers modèles, j’utilisais directement AUTOCAD mais il faut reconnaitre que les possibilités sont très limitées.

    Le « top » serait, semble t’il,  ILLUSTRATOR, mais inaccessible pour moi. La qualité du dessin vectoriel et sa mise directement avec des possibilités similaires à PHOTOSHOP   

    Pour obtenir une souplesse similaire, il est nécessaire de pouvoir basculer nos fichiers AUTOCAD (dwg) dans un logiciel de dessin (PHOTOSHOP en ce qui me concerne) après les avoir mis dans un format photo (jpg par exemple), PHOTOSHOP ne permettant pas de travailler directement avec du vectoriel.

    Mais rassurez vous, il y a une solution. Ce n’est peut ètre pas la plus élégante, mais elle marche.

    Il faut convertir les fichiers dwg (AUTOCAD) en fichier jpg, puis en fichier Psd qui est le format de PHOTOSHOP.

    Vous imprimez donc vos fichiers dwg avec PDF CREATOR en jpg. Pour ma part résolution 600, qualité 100%. En suite, vous les ouvrez dans PHOTOSHOP et vous les enregistrez en psd.

    La mise en couleur se fera un peu comme pour une bande dessinée. Les différentes zones de couleurs identiques sont délimitées puis mises en couleur au fur et à mesure. La méthode est parfaitement décrite à cette adresse.

    http://www.maliki.com 

    Certes, il y a plus « pro » comme méthode, mais je ne le suis pas. Alors je fais avec les moyens du bord. Et je ne pense pas avoir à rougir du résultat obtenu. Vous pouvez en juger par vous-même.

    En ce qui concerne l’utilisation de PHOTOSHOP, il n’y a pas de mystère, Il faut apprendre à l’utiliser.

    Pour ma part, j’ai été sur le site du zéro

    http://www.siteduzero.com/tutoriel-3-351765-debuter-sur-adobe-photoshop.html 

    …et je m’y suis mis. Les cours sont très bien faits. Je ne veux pas vous décourager mais comptez quand même quelques heures de travail !

    Mais rien d’inaccessible, juste prendre le temps nécessaire.

    Cela a constitué, pour moi, une excellente base que j’ enrichi, au fur et à mesure, de recherches sur le net.

    Une fois vos planches mises en couleur, reste à les imprimer. Pour ma part je les imprime en pdf. Une astuce de mon ami Pierre    http://pierreg.free.fr/  pour les "alléger": les imprimer deux fois (avec PDF CREATOR).  le poids se trouve ainsi très sensiblement diminué et pas de perte de qualité visible. Vos planches sont prètes à ètre diffusées.

    Voilà. Je pense vous avoir tout dis. Comme vous avez pu vous en rendre compte, il est possible de dessiner soi même ses propres modèles avec des moyens accessibles à tout un chacun. Certes, ma méthode n'est pas figée, elle évolue de modèle en modèle et c'est cela qui est passionnant.

    Il ne me reste plus, pour clore cet article, qu'à vous donner quelques conseils de montage.

     NICOLAS CLAUDE NC-2 AQUILON au 1/66

                                                         Le moins que l'on puisse dire, c'est que cet avion ne manque pas d'originalité.

     NICOLAS CLAUDE NC-2 AQUILON au 1/66NICOLAS CLAUDE NC-2 AQUILON au 1/66

                               La structure prète à recevoir le revètement

     

    On note sur les photos, la forme particulière en "T" du manche. En tangage il commandait le plan cananrd et les gouvernes de profondeur en opposition. Sa rotation commandait les gouvernes utilisées comme ailerons et le gouvernail. il n'y avait donc pas de palonnier. Pas évident à manoeuvrer avec deux personnes à bord....

     NICOLAS CLAUDE NC-2 AQUILON au 1/66NICOLAS CLAUDE NC-2 AQUILON au 1/66

              A noter le train principal encastré dans le dessous du fuselage

     

    A propos du train principal. J'ai voulu innover en simulant cette lame par une fine feuille métallique (étiquette dite de carrossier). C'est faisable, mais pas aisé à découper (disque à tronçonner sur une mini perceuse). C'est, malgré tout, plus élégant que de la corde à piano. A vous de voir.

    Le revètement de dessous masquera la partie du train encastrée.

     NICOLAS CLAUDE NC-2 AQUILON au 1/66NICOLAS CLAUDE NC-2 AQUILON au 1/66

                                                 Empennage et ailes

    A noter la forme particulière du profil d'aile avec le bord de fuite recourbé vers le haut. Vous noterez que le profil est obtenu par" roulage" du papier sans l'aide de nervures.

    Seul un longeron est là pour maintenir l'ensemble. A cette échelle, pas de soucis, ça marche.

     NICOLAS CLAUDE NC-2 AQUILON au 1/66NICOLAS CLAUDE NC-2 AQUILON au 1/66

    Et pour finir deux autres vues de ce modèle pour le moins original.

    Un grand merci à Pierre, qui, depuis déjà plusieurs années, guide mes pas dans la découverte de ce loisir passionnant en me faisant bénéficier de ses connaissances et de son expérience.

    Comme mes autres modèles (et les siens), il est téléchargeable gratuitement sur son site:

    http://pierreg.free.fr/carton/projet/myproj.htm

     

    Merci de m'avoir suivi, et, bons vols!