• SPAD SA2 au 1/33



    Le SPAD SA2 a été conçu à une époque ou la synchronisation du tir avec la rotation de l’hélice n’avait pas encore été mise au point.

    La mise en route du moteur nécessitait de basculer la nacelle avant qui était ensuite re-verrouillée en position de vol.

    Une grille de protection était située dans le dos du mitrailleur pour le protéger de l’hélice. Ceci dit il fallait avoir un certain courage pour s’installer dans la nacelle avant et ne pas trop se poser de questions quant aux conséquences d’un éventuel cheval de bois !

    Le premier vol eu lieu en 1915. L’appareil était propulsé par un moteur rotatif LE RHONE 9C de 80cv. Les performances n’étaient pas celles attendues,  particulièrement dues à la position de l’hélice dont le rendement ne pouvait être que faible.  Sur la centaine produite, la moitié fut exportée en Russie.

    WAK nous propose deux avions originaux répondant à cette formule originale le SPAD SA2 et le DUFAUX C2.

    Si la documentation concernant le SPAD SA2 existe quoique relativement limitée (je citerai l’ouvrage SPAD FIGHTERS IN ACTION de SQUADRON SIGNAL qui consacre quelques pages à cet appareil), je n’ai rien trouvé concernant le DUFAUX qui serait plutôt une création Suisse que Française.

    Je vous propose donc la construction du SPAD SA2.

    PRESENTATION ET PREMIERES IMPRESSIONS






    Le modèle est proposée par WAK à l’échelle du 1/33 qui est l’échelle reine en modélisme papier avions. Pour preuve, le nombre nettement majoritaire de modèles proposés à cette échelle.

    Les planches représentent le modèle « sortie d’usine ». Pour ma part j’aime les avions « dans leur jus », comme savent si bien nous le proposer quelques fournisseurs. Ici, ce n’est pas le cas. Pas une trace de salissure, tout est propre et net. Cela n’enlève rien à la qualité de conception de ce modèle, au niveau de détail correct. Le fait qu’une face des pales de l’hélice soit rajoutée agrafée à la couverture (oubli sur les planches) confirme le sérieux du concepteur et de l’éditeur.

    Certes, il est possible de vieillir à la peinture un modèle papier, mais je ne suis pas un as de l’aérographe ni du pinceau 3 poils !

    Je ne détaillerai pas par le menu la construction de ce modèle, un minimum d’expérience du montage étant requis. Je me contenterai de rappeler quelques astuces utilisées ainsi que les améliorations que je n’ai pu m’empêcher d’apporter.

    Pour info j’ai contre collé sur du carton 5/10 toutes les pièces repérées par un astérisque. 

     SIEGES

    Galber le dossier sur un rond au moment du contre-collage de ses deux faces. Les ceintures sont à « délaminer » pour leur donner une forme un peu plus naturelle une fois positionnées. On pourra aussi en percer les trous de réglage.

     Les boucles peuvent être réalisées en cap ou fil de cuivre. J’ai gardé le papier partant du principe que le papier est à remplacer uniquement que lorsque l’on ne peut faire autrement. Tant qu’à y être, ne pas coller les ceintures exactement dans la même position sur les deux sièges, cela fera plus naturel !

    HELICE

    Un bout de tube donnera du corps au pied des pales. Attention le bord d’attaque des pales est la partie la plus galbée et le sens de rotation est le sens horaire vu de la place pilote.

    MOTEUR

    Ah ces moteurs rotatifs ! Quel charme. J’avais la possibilité de monter mon LE RHONE 9B, mais le sérieux apparent de la version proposée m’a décidé à monter cette dernière. Petite critique. Il aurait été plus simple de réaliser le diamètre variable des cylindres par enroulage d’une feuille de papier unique sur elle-même. La superposition de deux éléments cylindriques distincts complique leur réalisation sans apporter au réalisme.

    Les caches culbuteurs ont été contre collés sur du carton 1mm (je n’ai pas compris quelle était l’épaisseur conseillée indiquée par « + ». Bristol ?).

    Les tiges de culbuteurs sont réalisées en cap 03/10, les tubulures d’admission et les conducteurs d’alimentation des bougies en cuivre (normal) !). Du 5/10 pour les tubulures et du 2/10 pour les conducteurs. Tout cela se monte à la pince à épiler et à la loupe bien sur, mais le résultat est plutôt sympathique.

    ROUES

    Pour obtenir des roues bien rondes au galbe sensuel il n’y a qu’une solution : les tourner sur une mini perceuse. J’ai  déjà décrit en détail cette méthode. Après masticage éventuel, mise en peinture. J’ai une aversion pour les pneus noirs (couleur qu’ils n’ont jamais), aussi je les peints en gris foncé. Après avoir réalisé le trou d’accès à la valve avec un emporte pièce, les flasque latéral sont mises en forme et fermées par un collage bord à bord. Un petit renfort en papier très fin en renforcera le collage.

    Un petit bout de cap figurera la valve et le pneu sera poncé « in fine » pour simuler le léger écrasement de ce dernier au sol.

    TRAIN D’ATERRISSAGE

     

    L’axe des roues est tiré d’une chute de tube alu de diam. 2mm contrairement à la cap préconisée (question de disponibilité dans ma boite à rabiots).

    MITRAILLEUSE

     C’est une LEWIS de 7.7mm composée d’une vingtaine de pièces. Les pinailleurs pourront réaliser le canon à partir d’une aiguille de seringue d’un diamètre adapté. Pour ma part j’ai utilisé de la cap faute d’avoir la bonne aiguille sous la main. Rassurez-vous, à la fin, cela ne se voit pas. C’était juste pour une question de satisfaction personnelle !

    Pas de difficulté particulière pour son assemblage. Les éléments coniques seront juste « délaminés » pour pouvoir les mettre en forme plus aisément.

    LE FUSELAGE

     

    Les longerons sont figurés sur les flancs du poste de pilotage. Pour plus de réalisme, je les ai mis en relief en les reprenant en carton 5/10, ce qui m’a permis de représenter les tendeurs en cap 3/10. Le diamètre est un peu fort pour l’échelle mais c’est le diamètre de cap le plus fin que j’ai trouvé. On peut aussi les réaliser en fil de cuivre ou nylon d’un diamètre plus adéquat mais la difficulté est de les réaliser bien rectilignes. Au final, cela ne jure pas trop est le résultat agréable à l’œil. Ne pas oublier de redécouper et de mettre en place la commande des gaz coté gauche en la positionnant en avant qui était la position gaz réduit (ce qui est le contraire sur les avions actuels).

    Le manche a été collé incliné vers l’avant, ce qui est généralement le cas à l’arrêt, la gouverne de profondeur, de par son propre poids, prenant une position à piquer. Selon mon habitude, j’ai donné un peu d’angle au palonnier qui correspondra à la position que je donnerai à la gouverne de direction, histoire de donner un peu de vie au modèle.

    Deux tiges de cap partant des palonniers et passant sous le siège figurent les câbles de commande de la direction.

    Les instruments du tableau de bord reçoivent une goutte de « Crystal clear » pour simuler les verres des cadrans.

    Du rhodoïd est pris en sandwich entre les entourages du pare brise et collé à la cyano.

    Ce sera tout pour le poste de pilotage bien spartiate mais je ne dispose d’aucune documentation me permettant un habillage plus fourni, s’il y a lieu.

     On pourra procéder alors à « l’entoilage « du fuselage et à la mise en place du patin de queue.

    Le fuselage recevra son moteur et les différents carénages qui l’entourent.

    LE STABILISATEUR ET LA DERIVE

    J’ai supprimé l’étambot de la dérive dont la largeur était disproportionnée par rapport à l’épaisseur générale de l’empennage. Penser à donner du piqueur au stabilisateur et du braquage à la dérive puis mise en place sur le fuselage.

    LES AILES

    Je n’ai pas suivi la méthode préconisée préférant celle que j’utilise pour mes créations, méthode héritée du Blériot XI.

    J’imprime le plan des ailes sur du papier sur lequel je colle les nervures en intercalant entre elles des rectangles de carton 10/10 servant de longeron. Cette structure est prise en sandwich entre l’intrados et l’extrados des ailes, ces surfaces ayant été préalablement galbées. C’est simple et avec un minimum de soin le résultat est garanti.

    Une fois les ailes assemblées sur le fuselage on positionnera les mats sur l’intrados des demi-ailes inférieures.

    J’ai réalisé un bâti simple recevant le modèle sur le dos et permettant la mise en place de l’aile supérieure en respectant la géométrie du modèle. Les haubans réalisés en cap 3/10 selon mon habitude seront mis en place à ce moment et contribueront à la bonne rigidité de l’ensemble.

    LE BAQUET  MITRAILLEUR BASCULANT

    Seule amélioration apportée, la lucarne d’observation située sur le plancher a été réalisée en rhodoïd transparent. Cela donne une petite touche de réalisme supplémentaire.

    Celui-ci pourra être relié au fuselage après avoir interposé l’hélice.

     Le support de la mitrailleuse est en cuivre de 4/10 plus facile à mettre en forme que la cap ; Quant à la protection dorsale du mitrailleur, les armatures cintrées sont en fil de cuivre réunies par du plastique étirés au dessus d’une flamme de bougie. Technique héritée de mon passage dans le modélisme plastique, il y a bien longtemps. Le nombre de traverses réunissant les deux montants n’est pas respecté du fait que le diamètre utilisé est plus fort que ce qu’il devrait l’être, mais l’aspect général est respecté et c’est l’essentiel.

    DIVERS

    Reste à confectionner les marches pieds (cap ou cuivre) et les triangles de commandes des ailerons (fil de cuivre).

     

    AUTO CRITIQUE ou « si c’était à refaire »

    Pour bien faire il faudrait presque procéder comme en maquettes radiocommandées en réalisant un « mulet » faute de pouvoir exploiter la notice écrite (je parle pour moi). Cela permet de définir une logique de montage et limiter les assemblages acrobatiques. Par exemple, ce serait à refaire, j’aménagerais le système de ventilation du moteur en figurant de façon plus réaliste les entrées d’air positionnées sur les flancs du baquet mitrailleur. Et puis je figurerais de façon plus réaliste les commandes d’ailerons en reproduisant les guignols supérieurs, mais la doc me manque.

    CONCLUSION

    Un modèle français à la formule originale. Le modèle est bien conçu et les vues de la notice suffisamment explicites pour un modéliste d’une certaine expérience. A le noter, je lui donnerais un 4/5. A noter que l’on peut se procurer une planche avec les pièces de structure prédécoupées au laser. Quant au critère temps de montage, je le passerai sous silence car il ne signifie pas grand-chose pour un modéliste digne de ce nom (ou qui prétend l’être), le temps passé ne pouvant être que synonyme de plaisir.


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