• CAUDRON C60 F-AGDH de Robert Landiech

     Dernière mise à jour 18 juillet 2019 (photos et texte).

    CAUDRON C60 F-AGDH de Robert Landiech

     

    Choix du modèle, ou comment passer du Caudron 168 F-AHEC au Caudron C60 F-AGDH.....

    La presse aéronautique française "de l'époque" regorge d'aventures extraordinaires.

    J'avais initialement jeté mon dévolu sur le Caudron C168 F-AHEC de Mauler et Baud qui entreprirent, en 1928, un voyage Paris-Le Cap. Ils étaient accompagnés du "cinégraphiste" Cohendy, l'aventure étant parrainée par la firme "Paramount" et "Le Petit Parisien", ce qui donna lieu à une série d'articles de presse très "imagés".

    Malheureusement, il m'était impossible de mettre la main sur un plan 3 vues, même sommaire, du Caudron C168.

    Par chance, dans le tome 1 des deux livres "les avions Caudron" d'André Hauet, figure un dessin 3 vues du Caudron C60, qui présente pas mal de similitudes avec le C168. Je décidais donc de commencer par dessiner un plan 3 vues du Caudron C60 le plus vraisemblable possible, à défaut d’être fidèle. De celui-ci, j'en extrapolerai ultérieurement celui du C168.

    Par chance aussi, le Musée de l'Air et de l'Espace du Bourget expose un Caudron C60, le F-AINX. Celui ci étant représenté "suspendu", il est visible sous" toutes les coutures", ce qui présente un intérêt indéniable.

    Ce dernier est donné comme étant l'ex F-ESAC avec lequel Poirée à parcouru, en Aout 1921, les 3000km de la coupe Michelin et dont j'ai trouvé sur le net une belle photo évoquant l'évènement.....et les comptes rendus de l'évènement dans la presse d'époque! Je vous en reparlerai.

    Il faut savoir que c'est aussi un Caudron C60 qui effectua en janvier 1932 le premier remorquage d'un planeur en France.

    Puis en fouillant plus avant l'histoire des C60, je découvris celle du F-AGDH, objet de cet article.

    Le Caudron C60 F-AGDH:

    Un français qui fait vraiment du tourisme aérien?....l'espèce est rare; le cas est curieux et d'autant plus intéressant que c'est au Congo que ce Français, Robert Landiech, accompli cet exploit extraordinaire de se servir de son propre avion, un Caudron C60,  pour son plaisir ou ses commodités personnelles (Les Ailes 25 decembre 1931).

    R.Landiech, pilote ayant perdu une main durant la première guerre mondiale, réside en brousse, au Congo, depuis 1923. Il vit à Mindouni, à 60km de Brazzaville, où il est ingénieur à la Société Minière du Congo. 

    En Décembre, il rejoint Pointe-Noire Brazzaville (500km) en 3h45 de vol, survolant les Montagnes inhospitalières du Mayombé et la forêt équatoriale, au lieu des 3 ou 4 jours habituellement nécessaires par mer. (Les Ailes 25 dec1925; 7 jan 1926 et 25 fev1926).

     

    CAUDRON C60 F-AGDH de Robert Landiech

    Son Caudron, baptisé "Tan-Phé-Pah", à les flancs ornés d'un motif macabre censé tenir à distance les populations autochtones (sic). A noter que Robert Landiech attribue la bonne tenue dans le temps de son Caudron, face aux rigueurs du climat congolais, au fait qu'il a entièrement recouvert son avion de peinture blanche..... "RIPOLIN" (pub gratuite)!  les Ailes 25 nov.1926. Les parties sombres que l'on voit sur la photo ci-dessus, correspondent à des bâches protégeant l'accès au poste de pilotage et au moteur.

    Le 17 mai 1926, il quitte Brazzaville, accompagné du chef mécanicien de la Société: M. Radenen, avec l'intention de rallier Dakar.

    Voir poursuivre peut être jusqu'à Paris s'il  parvenait au Sénégal dans de bonnes conditions (Les Ailes 10 juin 1926).

    CAUDRON C60 F-AGDH de Robert Landiech

                                         Tracé des 4030km effectués de Brazzaville (Congo) à Sikasso au Mali (ex Soudan) où prit fin l'aventure.

    En vue de ce périple, son avion a été équipé de réservoirs supplémentaires et, accrochés de part et d'autre du fuselage , une roue et une hélice de rechange (Ciels Impériaux Africains 1911 - 1940 de Vital FERRY).

    Ce vol fut interrompu brusquement à Sikasso (400km au sud de Bamako) par suite d'une rupture du réservoir d'huile et d'essence. Lors de cet atterrissage, l'appareil fut brisé, mais l'équipage fut sain et sauf. 4000 km avaient été déjà parcourus.    (Les ailes 22 juil. 1926 VOIR).

    M. Landiech nous raconte cette aventure africaine dans une série d'articles parus dans la revue "L'Air" en 1927, dans un style que ceux qui ont vécu un certain temps sous ces latitudes, apprécieront. (LIRE).

    Le Caudron C60:

    Le Caudron C60 est un avion de tourisme et d'entrainement biplan, bi place, monomoteur. Sa structure est en bois et entoilée. Dérivé de l'avion militaire d'entrainement C59, sa construction fut lancée en 1919. Sur la soixantaine construits en France, une trentaine furent exportés, particulièrement en Finlande, qui en construisit 34 supplémentaires sous licence.

    Le choix de modéliser tel ou tel modèle m'est souvent dicté par les particularités physiques de l'avion, qui sont autant de petits défis à relever et de solutions à imaginer.

     Le Caudron C60 et plus particulièrement le F-AGDH, présente les particularités suivantes:

     - un fuselage blanc, donc nouveau pour moi, avec les problèmes liés à l'évocation des ombres particulièrement, sans oublier un tracé du contour des pièces nécessairement le plus discret possible.

    - le moteur Clerget sensiblement différent du Le Rhône.

    - un haubanage particulièrement "fourni".

    Documentation:

    Le remarquable ouvrage d'André Hauet " Les Avions Caudron" et bien entendu la presse de l'époque consultée sur le site de la Bibliothèque Nationale de France: Gallica  (https://gallica.bnf.fr/).

    La maquette:

    comme indiqué plus haut, le plan 3 vues (minimaliste) proposé dans le livre d'André Hauet m'a servi de base. Je l'ai redessiné en  me basant sur les données techniques et photos disponibles.

    Le F-AINX exposé au musée de l'air et de l'espace du Bourget m'a été d'un grand secours, avec certaines réserves quand même. Je reviendrai sur ce sujet lors de sa présentation, sa maquette étant en préparation.

    Comme particularité, j'ai représenté les pneus à flancs blancs bien visibles sur la photo ci-dessus. Bien sur, l'hélice et la roues de rechange sont en bonne place, bien que ne figurant sur aucune des photos que j'ai pu consulter. J'ai pris la liberté de faire figurer le nom de l'avion "Tan-Phé-Pah" sur les flancs du fuselage faute d'avoir pu en vérifier l'existence et sa position sur des photos. Par contre, il semblerait qu'à un moment, l'arrière du fuselage de l'avion ait été ceint d'une bande tricolore comme on peut le voir sur une photo prise à l'étape d'Accra et sur la photo du crash. J'ai choisi de ne pas représenter cette bande et de représenter l'avion tel qu'il devait être au début de cette aventure.

    L'appareil est entièrement blanc (capot alu naturel vraisemblablement?).  Je laisse l'opportunité de laisser le capot amovible, comme je l'avais fait pour le Nieuport 17 de René Dorme, ce qui peut être une option intéressante pour un diorama. Pour ma part j'écarte cette éventualité, ce qui limite le niveau de détail du moteur à sa partie visible.

     Le montage:

    Une série de photos montrant ma façon de traiter quelques phases délicates, ont été regroupées ICI

    Pour le reste, ceux qui ont déjà monté certaines de mes maquettes s'y retrouveront vite, les solutions retenues lors de la conception étant toujours les mêmes.
    Pour faire suite aux suggestions (fondées) de certains modélistes, et pour palier une notice de montage que je ne me résoudrais jamais à élaborer (trop long), le profil couleur de la maquette est au 1/66, un dessin de la structure en perspective est proposé de même qu'un plan 4 vues relativement détaillé: profil opposé à celui figurant en couleur, face, demi vues dessus/dessous.

    Quant au niveau de détail, il est toujours possible de le pousser plus avant.

     A ce propos ,et je me suis déjà ouvert sur le sujet: je pense qu'une maquette papier ne peut être examinée comme on pourrait le faire pour une maquette "plastique" d'une échelle similaire.

    Une maquette papier, dans la mesure où on ne la recouvre pas de mastic et de peinture, autrement dit issue directement des planches, ne peut être examinée qu'à une certaine distance atténuant ainsi le visuel des contraintes inhérentes au papier, à savoir la reproduction des formes non développables.

    Etant un farouche défenseur de cette approche du maquettisme papier, je limite donc le niveau de détail à ce qui est accessible visuellement à une distance adaptée. Les puristes me comprendront.

    Compte tenu de la couleur du modèle il va sans dire qu'une protection maximale des planches est incontournable avant que ne soit donné le premier coup de cutter. A mon habitude, je les vaporise avec un fixatif utilisé pour protéger des dessins au fusain, craie ou autres substances pulvérulentes. Il à l’avantage d'un rendu incolore et mat, et ne jaunit pas avec le temps.

    Pour la mise en couleur des champs, j'ai utilisé une technique (dont certains sont des adeptes) mais que je n'avais jamais testée. Elle consiste à l'usage de crayon de couleur à mine grasse (BIC Aquacolor ou crayons similaires Faber-Castell par exemple). Cela marche très bien (à sec) et à l'avantage de ne pas détremper (le terme est exagéré mais ceux qui utilisent cette méthode comprendront) le papier, contrairement aux feutres.

    Le câblage:

    Vu sa relative complexité et son abondance, quelques photos d'un Caudron C60 devrait vous faciliter sa compréhension J'y ai joint aussi quelques photos des jambes de train un peu particulières. VOIR

    pour la suite des opérations, l'usage d'un bâti est incontournable. Le mien est tiré d'une chute de ctp de peuplier (plus facile pour y planter des épingles) et de chutes de balsa. Ses dimensions doivent être minimales pour pouvoir le manipuler aisément.

    La représentation du câblage, à une échelle proche de la réalité, est une de mes obsessions. Je ne reviendrai pas sur les "pistes" que j'ai déjà explorées à ce sujet. Pour ce modèle, je suis revenu à la cap 1/10 que j'avais utilisée pour les câbles de commande de l'Elytroplan. C'est le plus réaliste, mais sa pose est délicate. De plus, il devient quasi invisible sur le modèle, mais quand on aime ...Et puis, avec ce modèle, on est servis!

    Pour ajouter à la difficulté, j'ai choisi de représenter des gouvernes séparées (non dans l'axe), pour la profondeur et la direction. J'ai renoncé à le faire pour les ailerons, ceux-ci, au repos, suivant généralement le profil de l'aile.

    Pour les câbles de commande des gouvernes, une fois ces dernières réalisées et détourées, la cap de 1/10 est glissée dans une entaille faite dans l'épaisseur du renvoi puis fermée par un point de colle. Pour que la cap reste en place, l’extrémité coté gouverne est repliée à 90° sur quelques dixièmes de mm. Les gouvernes sont ensuite finalisées. Il n'y aura plus qu'à glisser l'autre extrémité dans les perçages des flancs du fuselage. A ce sujet, percer préalablement les trous de passage des câbles au bon angle pour que la cap "file" bien rectiligne.

    Le haubanage:

    Comme pour l'appareil grandeur, il contribue à la rigidité de l'ensemble ailes/fuselage. En ce qui concerne le croisillonage inter mats parallèle au fuselage, je croise un tronçon d'aiguille d’entomologiste avec un brin de crin (diamètre 2/10 tous les deux). Il est difficile de faire se croiser deux tiges rigides et rectilignes sur de faibles longueurs.

    Concernant le croisillonage inter mats parrallèle au bord d'attaque des ailes, je l'ai réalisé en cap 3/10. Dans la réalité, les haubans sont doublés, mais cela dépasse mes compétences!

    Pour le collage des haubans j'ai abandonné la colle blanche habituelle que j'utilise pour le papier (Sader ou autre similaire) au profit d'une colle blanche beaucoup plus performante qui sert, en autre, au collage des verrières comme le Crystalclear ou Tamiya craft bond. Un "poil" plus longue à sécher, mais une accroche bien meilleure. Toutes ces colles deviennent invisibles au séchage alors que des colles, comme les cyano laissent une tache brillante.

    Suggestions (à postériori):

    Le câble  de la commande d'ailerons qui sort du fuselage et rejoint le pied du mat arrière extérieur aurait pu être réalisé d'un seul tenant, en lui faisant traverser le fuselage, et en le faisant pénétrer à l'intérieur des demi ailes inférieures lors du raccordement de celles-ci sur le fuselage. Sa mise à longueur aurait été réalisée à la fermeture des saumons. De ce fait il aurait été parfaitement rectiligne.

    Téléchargement (Downloading):

    téléchargement des 5 planches au format A4, 2Mo environ la planche:

    PLANCHE 1     PLANCHE 2     PLANCHE 3recto     PLANCHE 3verso     PLANCHE 4

    ou prochainement sur le site de mon ami Pierre:

    http://pierreg.free.fr/carton/projet/myproj.htm

    Photos archives.

    J'ai réuni ICI les quelques rares photos exploitables que j'ai pu réunir du F-AGDH, hors celles du F-AINX du musée de l'Air et de l'Espace du Bourget.

    Quelques photos de la maquette.

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    Débriefing.

    Même si je n'ai pas atteint le niveau de précision que je m'étais fixé pour la représentation du haubanage et des câbles de commandes, le résultat  m'encourage à persévérer dans l'usage de cap 1/10.

    Par contre, je pense que l'usage partiel de cap de 3/10 (acier 2/10 quand c'est possible) est indispensable si l'on veut que la maquette conserve une certaine stabilité de forme dans le temps. Le papier a son charme, mais aussi ses limites.

    A propos de la cap 1/10.

    La principale difficulté réside dans le fait qu'elle est fournie en bobine. De ce fait les tronçons que l'on en tire affectent une certaine courbure. Je n'ai pas trouvé le moyen de l'éliminer même sur de très petites longueurs. Je n'ose imaginer qu'il n'y ai aucune solution pour obtenir des fils bien rectilignes.

    Si le diamètre de 1/10 est compatible avec l'échelle pour les câbles, il faut reconnaitre qu'un œil non averti ne remarquera même pas leur présence. Du 15/10 ferait sans doute mieux l'affaire, mais je n'ai pas identifié de fournisseur.

    Enfin, mais cela va de soi: brucelles amagnétiques incontournables pour la manipulation.

    Une petite erreur dont je me suis rendu compte une fois la maquette terminée: la sortie du fuselage des câbles de la gouverne de direction se situe entre les sorties des câbles de la commande de la profondeur.

    Mes autres modeles d'avions Caudron VOIR

    Bons vols.

     

     

     

     


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